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Tunisie-médias : Esquives et bras-de fer pour la danse du pouvoir ?

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Publié le 18/08/2012

 

De nouveau, le problème des médias occupe les devants de la scène et c’est sans doute chose normale, dès qu’on touche à ce secteur, que tout tende à basculer dans le sens du conflit ou au moins dans celui des stratégies des combats et des luttes, en raison de l’étroite relation au pouvoir politique de ce secteur sensible, comme celui de l’argent d’ailleurs dont il est difficilement dissociable. C’est pourquoi, qu’on le dise ou non, le débat des médias est toujours un débat fondamentalement politique.

De ce fait, toute négociation et toute concertation autour de ce secteur ne devrait pas éluder, parfois de façon par trop artificielle frôlant l’hypocrisie, les enjeux politiques qui sont enfouis dans la machine médiatique.

Il est vrai que ce secteur a lourdement supporté les charges écrasantes du pouvoir politique sous l’ancien régime. Le changement de janvier 2011 lui a donné l’occasion et l’opportunité de se redresser ; mais la réalité est que les médias sont tout le temps en convoitise, même quand ils croient pouvoir revendiquer leur indépendance qui restera toujours relative. L’essentiel donc, c’est d’éviter deux écueils majeurs : les slogans trop pompeux pour être crédibles et les auto-flagellations qui se traduisent par des accusations et des dénigrements réciproques de la famille du secteur, réduisant terriblement sa force et son impact.

En fait, il n’y a que les stupides ou les manipulateurs pour nier que les médias et les acteurs des médias ne soient jamais impliqués dans une mouvance contre une autre, si bien que ceux qui, ce faisant, s’acquittaient tout bonnement de leurs obligations professionnelles ne sont nullement les plus à blâmer et leur compétence n’en est guère diminuée – au contraire peut-être. En effet, l’expérience de la soumission est douloureuse, elle n’en est pas moins édifiante. Le mieux, c’est donc d’éviter les enchères, au détriment des gens de même famille et de veiller surtout à négocier (ou militer pour) des règles du jeu clairement définies et gérées en toute transparence.

En définitive, l’essentiel est de partir du principe que quand il y a mal, celui-ci n’est pas dans les personnes, qui restent toujours interchangeables, il est dans l’état d’esprit de l’ensemble et dans les structures. C’est à ce seul niveau que se situe une action positive en faveur des médias. Tout le reste est anecdotique et accessoire.

Mansour M'henni
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